Le remboursement des protections hygiéniques : mon avis ?

S’il y a bien un sujet qui enflamme les réseaux sociaux ces derniers temps, c’est bien le sujet du remboursement des protections hygiéniques par l’État. Il est vrai que ces derniers mois, la toile s’enflamme grâce à ces nombreux comptes voulant libérer la parole des femmes sur leur sexualité et sur la condition féminine dans notre société actuelle. Je citerai surtout des groupes Instagram, tel que @tasjoui, @clitrevolution, @jemenbatsleclito, pour ce qui est de la liberté sexuelle de la femme, ainsi que @28jour, @coupedesang, afin de libérer la parole des femmes sur leurs règles. Le combat est évident : faire comprendre aux femmes à quel point avoir ses règles est normal, et faire comprendre qu’elles ne sont pas sales ! Pour certaines (et certains !) cela coule de source tout ça, mais pour d’autres personnes, femmes comme hommes, pour faire bouger leurs idéaux sur les règles, il en faut du boulot !

Dans certains pays, les jeunes femmes pensent que leurs règles sont une maladie. Tandis qu’en France ou en Europe en général, beaucoup de jeunes filles ou jeunes femmes ont honte de leur règle et ose à peine prononcer le terme, sans doute à cause d’absence d’informations, absence d’explications. Au fur et à mesure du temps, un véritable tabou s’est crée autour de cette période de la vie féconde d’une femme. Et, vous ? Vous trouvez ça normal ? Aujourd’hui, il est important que cette parole se libère. Le tabou n’est plus une option. Personnellement, ce malaise sociétal ne me convient plus.

Puis, il y a quelques temps, j’ai entendu parler de notre sujet du jour : de nombreuses personnes souhaiteraient le remboursement des protections hygiéniques par l’État. Ça m’a interpellé, car de moi-même, c’est une réflexion que je ne m’étais jamais posée. Puis, j’ai eu une réaction peut-être commune, celle de dire : « Pourquoi est-ce que je n’y ai pas pensé plus tôt ? » Il est clair que cela parait évident. Dans mon esprit de jeune femme, féministe, qui souhaite l’égalité entre les hommes et les femmes, (n’en déplaise à ceux qui ont du mal avec le terme « féministe »), je ne peux nier que le coût mensuel de toutes ces protections hygiéniques est assez conséquent. La question semble clair : Pourquoi les femmes auraient-elles à endurer mensuellement le coût des serviettes hygiéniques ou des tampons alors qu’il s’agit d’un élément naturel non-contrôlable et qui revêt un aspect de santé publique ?

De nombreux comptes Instagram concernés ci dessus en ont parlé, et étaient entièrement d’accord avec ce constat : payer de nous-mêmes les protections périodiques n’est pas « juste ». Dans le monde, combien de femmes n’ont pas accès à ces protections à cause de leurs coûts ? Comment peuvent-elle faire, alors, si elles n’ont pas l’argent pour en acheter ? Ne rien porter ? Mais non enfin : impossible, étant donné que notre société actuelle est effrayée et crie à la saleté du sang menstruel, pourtant synonyme de fécondité, synonyme du pouvoir de créer la vie. Alors, quoi ? Faut qu’elles restent chez elles ? Sérieusement. Ici, nous avons deux problèmes. Il y a deux combats : que les protections hygiéniques soient accessibles à toutes et que les règles ne soient plus vu comme une chose sale et immonde.

C’est ainsi qu’une féministe du nom d’Irene, a posté sur Instagram son action en faveur de la prise en charge des productions hygiéniques : elle a passé sa journée sans aucune protection pendant sa période de règle, en plein Paris. Une action forte et radicale, qui, évidemment, n’a laissé personne indifférent. J’ai soutenu cette démarche, en la partageant sur les réseaux sociaux.  Certaines femmes n’ont, en effet, pas les moyens d’accéder à ces produits essentiels, et Irene a « taché » la ville pour faire prendre conscience à tous et toutes que cette question relève d’une responsabilité collective. Oui. Car les protections périodiques sont un véritable coût au quotidien : certaines femmes n’ont pas l’argent nécessaire pour s’en procurer. « On reste chez soi », dirait certain ? La grosse blague !

Des nouvelles de la féministe qui a vécu ses règles sans protection

Certains on trouvé cette action déplacé, sale, et inconvenante. D’après les dires d’Irene, des collégiennes, dans le métro, l’aurait prise en photo, totalement sous le choc. Le voilà bien là, le problème. Des collégiennes qui ont déjà des réticences envers les règles, ce n’est pas normal ! Personnellement, j’ai trouvé son action en adéquation avec la situation. Un grand respect pour cette jeune femme qui a eu un grand courage de s’exposer ainsi, autant dans Paris que sur les réseaux sociaux ! Car ce n’est clairement pas moi qui aurait eu l’idée et l’audace de faire une telle action ! C’est grâce à ce genre de femme que les consciences s’éveillent et que nous commençons à nous poser les bonnes questions.

Mais je ne sais pour quelles raisons, certaines personnes, hommes comme femmes, trouvent le moyen de remettre en question cette idée de rembourser les protections hygiéniques. Comme quoi ce n’est pas une bonne idée, que cela ne devrait pas se faire. Alors bon… Quels sont les arguments ? Peut-être qu’il y en a des bons, après tout ? Une idée a toujours des limites.

  • Comme quoi, c’est « pas si cher que ça » : qu’il y a des méthodes plus écologique et moins coûteuse, comme la coupe menstruelle, ainsi que des serviettes lavables. Premier argument contestable : la coupe menstruelle ne peut convenir à toute les femmes. Une jeune fille n’envisagera presque jamais cette éventualité, par exemple. Des allergies peuvent rentrer en compte. Puis, tout simplement, des femmes ne supportent pas la coupe. Pour les serviettes lavables, c’est plus envisageable, mais toujours problématique : une serviette lavable n’est pas éternelle et elle est encore moins gratuite.
  •  Argument qui me fait pas mal rire : « Je suis une femme, donc les règles ça fait partie du pack. Vous êtes pas fière d’être femme, dans le fond ? T’aurais voulu être un homme ? » C’est quoi cette excuse bidon, sérieusement ? Nous ne sommes pas en train de dire que nous ne voulons plus nos règles ! Nous disons que nous voulons l’accès aux protections hygiéniques pour toutes les femmes, qu’importe leur statut social. C’est pas une histoire qu’on regrette d’être des femmes (Puis même, c’est un crime de regretter d’être une femme ? Nous savons toutes que c’est bien plus avantageux d’être un homme dans notre société actuelle. M’enfin. Je vais pas m’attarder sur ce débat) Rappel : égalité. Ce qu’on souhaite c’est l’égalité. Payer nos protections hygiéniques sans aucun remboursement alors qu’elles sont bourrées de produits toxiques et de substances chimiques c’est pas déjà assez, vous pensez ?
  • « On va rembourser les rasoirs aux hommes aussi ? » : Irene, dans sa story Instagram, répond : « Dois-je vous rappeler que, socialement, on n’impose même pas aux hommes de se raser la barbe, alors qu’aux femmes la société impose qu’elles s’épilent le corps tout entier et leur âme avec et ce avec des rasoirs roses beaucoup plus chers ? La connerie humaine me dépasse. » Je n’ai rien à dire de plus. Tout est dit. Vous pouvez voir là l’inutilité et l’absurde de cet argument. Encore une chose que la société nous oblige à acheter pour rentrer dans le moule et être bien vue. Ça commence à être beaucoup, non ?
    Puis même, tout les arguments disant que c’est un début à l’acceptation au remboursement excessif de tout et n’importe quoi… Sérieusement. « Puis, on va demander le remboursement des couches de bébé, le pauvre il a pas choisi d’être un bébé« . Mais… Mais… Un bébé ça naît tout seul, peut-être ? Ils descendent du ciel à l’encontre des envies des Hommes, peut-être ? C’est hilarant ce genre de réflexion. Vraiment.
    Vous ne semblez pas comprendre l’enjeu, la problématique, le combat en jeu.

Alors évidemment, vous pouvez juger qu’il y a bien plus important dans l’humanité que de se faire rembourser les protections hygiéniques par la Sécu, et qu’on devrait déjà s’estimer heureux de pouvoir, justement, bénéficier de la Sécu. J’ai lu ça, oui. Sauf que ce n’est pas en se reposant sur des acquis que l’égalité se fera. Nous nous en sommes très loin. C’est comme si je disais « Oh c’est bon, maintenant les femmes ont le droit de travailler : c’est déjà bien, non ? ». Non. Les choses ne peuvent pas fonctionner ainsi. Petit pas par petit pas, en éveillant conscience sur conscience, c’est ainsi que nous arriverons à avancer et à créer des actions qui nous mèneront jusqu’à certains paliers d’égalité.

Toujours prendre les choses comme « acquises » est une attitude dangereuse. Le monde et notre société est encore à faire évoluer et à modeler.

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