17 ans : Le temps de la rétrospection

Les chiffres me font mal. Surtout ceux qui définissent l’âge. Je ne les apprécie pas vraiment. Je me suis rendue compte de mon mépris envers ma prise d’âge quand je suis arrivée en quatrième, quand j’ai fêté mes quatorze ans Mon anniversaire est comme une sorte de journée abominable où je ne peux m’empêcher de faire une rétrospection de toute l’année que je viens de vivre. Qu’est-ce qui s’est passé entre mes 15 à mes 16 ? De mes 13 à mes 14 ans ? Qu’est-ce que j’y ai fais, qu’est-ce que j’ai appris ? Est-ce que j’ai grandis ?

C’est le bilan d’une année. Le bilan d’une parcelle de vie. Et plus je grandis, plus c’est poussé, plus c’est concret. Ce qui fait encore plus mal, en réalité. J’écris pas mal en cette période, j’essaye de concrétiser et de structurer toutes mes pensées. Pour beaucoup de personnes, le bilan se fait souvent en fin d’année, pour le nouvel an. Pour ma part, ce n’est jamais le cas. J’ai rarement l’envie vouloir faire une rétrospection à ce moment là : toujours pendant cette période d’anniversaire, où je suis, évidemment, d’une humeur assez peu joyeuse et assez peu libre à la fête.

Les années filent, et je m’en rends compte. J’essaye de comprendre ce que je suis, même si chaque année j’ai cette certitude que je le sais déjà depuis toujours. Mais on grandit toujours, on change toujours, et je ne m’en rend compte que très peu. C’est surtout ma famille et mes amis qui réussissent à me faire comprendre à chaque fois que je ne suis plus la même Alexia. Qu’elle a changé, qu’elle n’est plus la petite fille que j’étais. Chose que je n’acceptais pas avant. Je voyais cette petite fille, cette petite Alexia, se dissiper chaque jour. Je la voyais faire ses bagages et commencer à partir. Et de mes 16 à mes 17 ans, pendant la plus grande partie de cette année, je n’ai fais que de la retenir. J’essayais à tout prix de la garder au près de moi, alors qu’elle, ne demandait qu’à s’en aller. Il était temps. Mais je l’ai retenu, jusqu’au dernier moment. Je vais avoir 17 ans, dans quelques heures. Et depuis un peu moins de 6 mois, j’ai du la lâcher. Je l’ai lâché sans vraiment le vouloir.

Elle est véritablement partie cette fois. J’essaye de ma battre pour la retrouver, mais une fois qu’une parcelle s’en va, est-il véritablement possible de la récupérer ? Je suis devenue tellement éclairée, consciente de tout ce qui m’entoure, j’observe, et je comprends immédiatement. L’inverse de l’enfant.

Pendant cette phase, il est parfois tout aussi amusant et effrayant de remarquer la différence du jour de ses 16 ans à celui de ses 17. On ne passe absolument pas la même journée, alors que seulement une petite année les sépare. Pourtant, qu’est-ce qu’il s’en passe des choses en un an. C’est complètement hallucinant, quand on y réfléchit un peu plus. On change de nous-même, ou bien les autres nous force à changer. Des gens sont partis. Des gens sont partis consciemment. Manque. J’ai du m’adapter. Alors aujourd’hui, je me retourne, et la Alexia d’il y a un an ne me ressemble plus. C’était quelqu’un d’autre. Et c’est angoissant à constater.

Mais bon, on se bat pas vrai ? Les parcelles de ce que nous sommes ne s’en vont pas toutes. Du moins, je l’espère. Les nouvelles résolutions de ce bel âge m’arrivent en tête, et j’essayerai coûte que coûte de les tenir. J’aimerai à tout prix devenir ma propre lumière, et en apprendre encore. De tout. De rien. Réussir à écrire convenablement de nouveau. Réussir à me cultiver toujours plus, ne considérant rien comme acquis. Assumer cette personne que je suis, cette personne curieuse et assoiffée de tout ce qui est humainement possible. Je cache beaucoup trop cette jeune femme. Il est sans doute temps pour elle de se dévoiler quelque peu plus.

Joyeux anniversaire à toi, tout de même.
On y arrivera.

Alexia.

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