L’obsession de l’édition

J’écris depuis toujours. Du style… Vraiment depuis toujours. Sans doute depuis que je sais tenir un stylo et que je sais écrire les lettres en format bâton. Dès le départ, j’écrivais quelques petits poèmes que j’essayais simplement de faire rimer. C’était médiocre, clairement, mais je n’étais qu’une petite fille qui pensait qu’une poésie devait ABSOLUMENT rimer, au détriment de faire rimer le mot « lendemain » avec le mot « pain » dans un poème qui parle d’amour. Quelle petite fille étrange j’étais, tout de même !

Puis… La première histoire. Ah ! La première histoire ! C’est l’une des choses dont chaque écrivain se souvient, généralement : la première fois qu’une idée émerge et qu’elle est retranscrite sur le papier. Pour ma part, ma première histoire a émergé après une dispute avec ma mère, j’imagine. J’ai combiné un conflit entre mère et fille et une fugue, tout simplement parce que la mère de mon personnage lui avait préparé… (tenez vous vous bien à votre chaise)… DES FRUITS DE MER. Et par déduction, je devais sans doute détester ça étant petite. Mais quelle petite fille pleine d’imagination et de joie !

Puis ça a continué pendant les autres années qui ont suivies ma vie. Je n’ai jamais vraiment arrêté, j’écrivais des fanfictions pourries sur Twilight ou Harry Potter. Techniquement, j’avais un soucis : je n’arrivais pas à créer mes propres personnes et mon propre univers. Puis quand je suis arrivée en cinquième, j’ai eu LA révélation. Wattpad. Ce site a totalement changé ma vision de l’écriture et ma manière de fonctionner. J’ai commencé à poster une fanfiction sur Peter Pan, que je prenais vraiment beaucoup de plaisir à rédiger chaque jour. Je postais 3 chapitres par semaine, c’était un rituel, je n’avais aucune difficulté à écrire aussi souvent. Puis les vues sur ma fiction n’ont cessé d’augmenter. 50, 100, 500, 1000, et aujourd’hui, à l’heure où je vous parle, je suis à plus de 40 000 vues. Et je n’ai rien fais de plus que de laisser les gens venir. Wattpad est tout de même particulier dans le domaine des différences de vues entre fiction et fanfiction, mais j’en parlerai plus en détail dans la catégorie « Wattpad », du site.

Mais après avoir vécu cette très belle expérience qui m’a fait prendre énormément de maturité dans ma manière d’écrire, j’avais besoin de plus, de CETTE CHOSE que chaque écrivain commence bien un jour ou l’autre : Son premier roman. Je l’ai commencé fin quatrième, il me semble, et je suis au milieu de mon année de première : je ne l’ai toujours pas finis. J’aime procrastiner. J’en parlerai également dans un autre article.

Puis je me rappelle de la remarque d’une amie, lorsque j’ai commencé à rédiger ce fameux premier roman : « Tu vas le faire éditer quand tu l’auras finis ? » Une claque. Je ne m’étais jamais posé la question. Quand j’étais une petite fille et qu’on me demandait ce que je souhaitais faire plus tard, évidemment je répondais « écrivain », de manière très naïve. Mais à l’époque je ne connaissais absolument pas les conditions dans lesquelles vivaient les auteurs et la difficulté que c’était pour pouvoir se faire éditer ! Donc, pendant ces dernières années, j’ai fais pas mal de recherche, et l’édition m’a obsédé.

Dans mon esprit, mon premier roman, se nommant pour le moment « Louisa & moi » allait forcément être édité. J’étais optimiste. Je bosse dessus depuis un moment, mais il est encore loin d’être achevé. Mais la question que je me pose depuis un certain temps est : « Pourquoi cette obsession de l’édition ? » Et je pense que beaucoup d’auteurs devraient se la poser. Depuis quelques mois, je relativise beaucoup, et me pose énormément de questions sur mon rapport à l’écriture. Est-ce que, pour moi, c’est si nécessaire (si je réussis) de vouloir montrer mon roman à qui bon voudra le lire ? Pourquoi est-ce que j’écris ?
Et c’est en ayant ce style de réflexions que j’ai remarqué que pour quelqu’un qui écrit, c’est totalement atypique. Je suis dans un groupe Facebook dont je tairai le nom, qui est dédié aux auteurs Wattpad. Les pubs fusent, les résumés sont balancés, des aides sont proposés… Bon. Il n’y a pas que des mauvais côtés, mais je suis étonnée de voir que énormément de personne font la chasse aux vues, simplement pour avoir une sorte de reconnaissance personnelle. Et c’est quelque chose que je ne comprends pas, à titre personnel. Pourquoi on écrit ? Pour qui est-ce qu’on écrit ? Qu’est-ce que ça apporte au moral, de savoir que beaucoup de personnes lisent et aiment nos mots ? Je ne peux nier que ce n’est pas gratifiant, que ça ne fais pas plaisir. Mais est-ce que c’est nécessaire ? L’écriture n’est pas avant tout un plaisir personnel ? Wattpad n’est évidemment pas la même chose que de l’édition. Mais aujourd’hui, même poster ce que je peux écrire sur Wattpad me peine. Et ce n’est pas parce que j’ai peur de la critique. Mais plusieurs événements successifs m’ont fait prendre conscience que ce n’était pas en éditant obligatoirement mes futurs romans que je m’épanouirais dans ce domaine, que de faire de mes romans des « marchandises » me dérange : alors que je sais que d’autre n’auront aucunement du mal à le faire.

Nous passons tous d’épreuve en épreuve, au cours de notre vie. C’est pareil pour l’écriture. On grandit, on change, on change donc de registre, de thème, de style. Mais au départ, nous avons tous commencer à écrire pour une raison qui n’était pas celle de vouloir être lu. Faut-il prendre son plaisir à la source de ce qu’était l’écriture ou prendre plaisir en voulant escalader les échelons ? À réfléchir encore, pour ma part.

Et vous, vous écrivez pour quelles raisons ? ☼

 

 

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